Fondation « Ethique & Art » à Nyon
Introduction
La Fondation Ethique&Art, Prof Paul Dembinski, président de l’Association internationale pour l’enseignement social chrétien (AIESC) et la Communauté du Chemin Neuf s’allient pour offrir un enseignement social chrétien sur des bases œcuméniques (voir plus loin la présentation des partenaires), enseignement destiné aux décideurs d’aujourd’hui, politiciens, femmes et hommes d’affaires et gens des médias. Ethique et art, où est le lien ? Il se trouve à la cathédrale de Chartres dont les vitraux sont à eux seuls tout un enseignement ; dans ce contexte, après des visites guidées par un spécialiste de l’art religieux, une réflexion fondamentale sur les valeurs chrétiennes à appliquer dans le monde globalisé d’aujourd’hui est facilitée – d’autant plus que la Communauté du Chemin Neuf est aussi établie à Chartres et offre un cadre favorable à la réflexion et la méditation.
Le 12 février, nous recevons une demande officielle d’octroi du label oecumenica. Nous attendons de voir comment se déroule la deuxième session de l’université œcuménique d’été de Chartres (19 au 20 septembre 2009). D’autres sessions suivront (voir plus loin la présentation des intervenants)
Enjeux pour nos Eglises
Ce projet s’inscrit dans le vaste cadre de la formation d’adultes, et de la formation en éthique des décideurs économiques et politiques en particulier. D’autres institutions offrent cet enseignement ; la particularité de l’Université œcuménique de Chartres est son lien avec la sagesse chrétienne médiévale et le lieu de prière de la communauté du Chemin Neuf.
Traiter le l’éthique, c’est prendre du recul pour mettre en perspective des questions d’actualité touchant la société, les individus, les entreprises sous un aspect humain, spirituel, social, ouverte et sans préjugés (citation d’un des buts d’Etique&Art qui rajoute : « de façon novatrice »)
L’avis de nos Eglises
Nous avons été étonnés que les directions principales de nos Eglises ne soient pas ou peu au courant de cette activité ; elle se déroule manifestement à l’extérieur de l’enceinte ecclésiale.
Pour la CER (Conférence des Eglises romandes, pasteur Antoine Reymond), le label pourrait créer des passerelles entre les Eglises traditionnelles et le mouvement Ethique&Art, quoique chacun de ses membres y soit engagé à titre personnel.
L’évêché de Lausanne/Genève/Fribourg apprend l’existence de cette Université par le biais de notre enquête et se réjouit de ce pôle de réflexion, à faire connaître.
Présentation des partenaires
L’Association internationale pour l’enseignement social chrétien (AIESC), créée en 1995 à Genève, présidée par Paul Dembinski, professeur d’économie, catholique d’origine polonaise. L’Association a tenu en septembre 2009 son colloque annuel consacré aux „500 ans de pensée chrétienne en matière sociale à Genève: de Calvin aux droits de l’homme“. Paul Dembinski est professeur à l’Université de Fribourg; il dirige aussi l’Observatoire de la finance à Genève; il enseignait également à l’institut catholique de Paris, et occasionnellement à l’Institut Philanthropos de l’Université de Fribourg. Ses publications ont récemment eu un écho dans le journal tous ménages de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (avril 2009) ainsi que dans Le Temps (31 mars 2009, « La déglobalisation a commencé »). Il a publié avec d’autres de l’AIESC en 2007 chez Desclée de Brouwer « Car c’est de l’homme qu’il s’agit »; et en 2009 „Pratiques financières – regards chrétiens“
Fondation Ethique & Art à Nyon/VD, créée en 2001. Elle a pour but d’organiser des week-ends et séminaires destinés à des particuliers ou groupes. Elle s’intéresse en priorité à la formation éthique et humaine des jeunes professionnels des milieux économiques et des médias. Le recrutement des participants se fait principalement en Suisse, les contacts européens constituent un « plus » favorisant l’ouverture des débats. La Fondation ne poursuit pas de but lucratif, ne dépend d’aucun mouvement politique ou religieux.
La commission « label oecumenica » tient à disposition une longue liste de personnalités (protestantes, catholiques, quakers, anglicans, orthodoxes) participant au projet dirigé par Mme Anne-Lise Bally de Givrins/VD, Jean-Jacques Manz de Nyon/VD et de Paul Dembinski de Genève.
Jean-Jacques Manz, membre de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud, vient du monde de la presse. Il a longtemps tenu le Journal « La Côte ».
La communauté du Chemin Neuf, une communauté catholique se réclamant du mouvement œcuménique initié en 1936 par l’abbé Paul Couturier de Lyon et le pasteur Richard Bäumlin d’Erlenbach/BE, mouvement qui est devenu par la suite le groupe des Dombes. La communauté est bien implantée en Suisse (Francis Schubiger, Wetzikon), se réunit précisément chaque année à Erlenbach pour retrouver ses racines, a des contacts avec le renouveau charismatique dans l’Eglise catholique (diacre Urban Camenzind), fait partie des nouvelles communautés dont Mgr Martin Gächter est le responsable (évêque auxiliaire du diocèse de Bâle) et se trouve très proche, par la spiritualité ignacienne, des Jésuites en Suisse (provincial père Albert Longchamp). Soutenant le projet « Université œcuménique », la communauté suisse a délégué à celle de Chartres le côté pratique de l’organisation sur place.
Présentation de la deuxième session et des participants et intervenants à Chartres
La deuxième Université œcuménique a rassemblé quelque 50 personnes de Suisse, mais aussi de France et de Pologne. Sur le thème général « Relever les défis éthiques quotidiens », une vingtaine de spécialistes, de témoins et de praticiens se sont succédé pour animer les différents modules : la personne humaine et sa dignité, la famille, la communauté politique, la création de richesse, l’entreprise et le bien commun, l’éthique des médias.
En dépit des différences de vocabulaire et de tradition, par-delà leurs divisions, les chrétiens convergent sur les principes d’éthique sociale et personnelle, même si les catholiques parlent souvent de doctrine là où les protestants préfèrent évoquer l’éthique, tandis que les orthodoxes gardent une certaine réserve par rapport aux choses de ce monde.
Parmi les intervenants : Nicoleta Acatrinei (orthodoxe), Paul Dembinski (catholique), Edouard Dommen (quakers), Jean-Jacques Manz (protestant), Claude Ruey (protestant, président de l’EPER/HEKS), Justin Welby (anglican).
Adéquation avec les critères d’octroi édictés par la CTEC
« Le label distingue des projets œcuméniques réalisés par des particuliers, des paroisses, des communautés religieuses ou des organisations ecclésiastiques… ». Dans notre cas, c’est clairement une initiative de particuliers.
Analyse des critères :
1. (met en œuvre de façon exemplaire les engagements de la Charte œcuménique) acquis?
2. Jeter un pont entre au moins trois Eglises ? Parmi les responsables, il y a des protestants, catholiques, évangéliques, quakers, orthodoxes, anglicans ; ils ne représentent pas officiellement les Eglises, dans lesquels ils militent, mais jettent certainement des ponts dans la société concernant les différentes expressions de la foi chrétienne, cette foi qui est leur moteur principal.?
3. (encourage la compréhension pour les expériences de foi, spiritualité et théologie des autres confessions chrétiennes et renforce l’espoir d’unité) acquis?
4. (projet exemplaire, reproductible) acquis?
5. (s’inscrit dans la durée) acquis?
6. est-ce que ce projet est ancré dans les Eglises ? A posteriori, par notre enquête, les Eglises principales ont pris connaissance voire approuvé la pertinence du projet (sans pour autant le soutenir matériellement) ; le mensuel tous ménages d’avril 2009 de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (siège de la Fondation Ethique&Art) y consacre une page entière. Le président de la Conférence des Eglises romandes (CER), le pasteur Antoine Reymond, pense qu’un label pourrait créer des passerelles entre cette réflexion éthique et les Eglises.?
7. (projet ouvert) acquis?
8. (financement transparent) acquis?
9. l’enquête a montré qu’il y avait encore un déficit d’information que les organisateurs veulent combler, précisément en demandant aux Eglises de les reconnaître par le label.?
10. (projet offre une possibilité de participation aux personnes intéressées, encourage les mesures de contrôle de la qualité) acquis
Les particularités du projet:
Voici un mouvement constitué au cœur de la réflexion éthique qui demande non une intégration dans les structures de nos Eglises, mais une reconnaissance de leur action qui s’appuie sur une organisation d’Eglise (Communauté du Chemin Neuf). En octroyant le label, les Eglises reconnaissent que l’œcuménisme peut se vivre dans cette société où elles ont de la peine à se faire entendre, un no man’s land matérialiste.
Les deux partenaires principaux sont suisses (inscrits aux registres du commerce de Vaud et Genève), le troisième a une audience internationale. L’élaboration du programme se fait en Suisse, même si l’Université œcuménique se tient à Chartres. Les organisateurs pourraient s’imaginer de se réunir ailleurs, mais ils tiennent aux vitraux de Chartres comme support artistique de la réflexion.

